Texte libre

Hans-Georg Gadamer (1900-2002)
5 ans après sa disparition, le Père de l'herméneutique contemporaine, je dirais même le "Cheikh" de l'interprétation philosophique est plus que jamais d'actualité. Des réflexions sur sa philosophie sont en cours d'élaboration.
130 ans après la naissance du poète et philosophe Mohammed Iqbal (1877-1938).
Eléments biographiques et philosophiques dans : http://www.allamaiqbal.com/
Michel de Certeau (1925-1986)
20 ans après sa disparition (1986-2006) : l'héritage de Michel de Certeau



Par : Luce Giard

Naissance de Michel, Jean, Emmanuel de la Barge de Certeau le 17 mai 1925 à Chambéry (Savoie), aîné des quatre enfants de Hubert, Eugène de la Barge de Certeau et de son épouse Pauline, Louise, Ursule, Marie, Antoinette de Tardy de Montravel. Il passe son enfance et son adolescence entre cette ville et la maison familiale, une ancienne chartreuse du XVe siècle, toute proche, au sud des Bauges, sauf une année scolaire au collège mariste de la Seyne-sur-Mer, pour se rétablir d’une double typhoïde suivie d’une ostéite. Désormais la mer le fascinera et les deux auteurs qui le marqueront, Montesquieu vers 1940, Surin pour l’histoire de la mystique, seront tous deux de Bordeaux, hommes du rivage océanique, tourné vers l’Amérique. Il parlera souvent des années de guerre, de l’enfermement imposé dans un lieu géographique et social, des maquisards auxquels il s’était lié, courant la montagne pour porter des messages, et plus encore de la rupture qu’avait symbolisée pour lui la défaite de juin 1940 : c’était, définitive, la " défection " du discours patriotique et moral des adultes, avec l’impossibilité de les croire et d’en attendre une direction de vie. 

Après son baccalauréat (latin, grec, allemand en série A, puis philosophie), il suit une double formation, sans parvenir à se satisfaire d’un lieu, d’un milieu, d’une filière, dans la recherche inquiète d’une voie. A l’Université (Grenoble, Lyon, Paris), il obtient deux licences (lettres classiques avec une préférence pour le grec, philosophie), le diplôme de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (Ve section, sous la direction de Jean Orcibal), un doctorant en science des religions (Sorbonne, 1960) sur " le Mémorial de Pierre Favre ". Dans l’institution ecclésiale, il fréquente le Séminaire d’Issy-les-Moulineaux aux portes de Paris (1944-1945, et 1946-1947), mais ce milieu sulpicien lui convient mal. Il rejoint le Séminaire universitaire de Lyon (1947-1950) qu’il juge plus stimulant, et sera toujours attaché à la ville de Lyon, secrète, multiple, vivante. Il ajoute à son baccalauréat de philosophie scolastique une licence en théologie, consacre beaucoup d’énergie à l’histoire des textes de la tradition (hébreu biblique, grec néo-testamentaire). Dès son premier séjour à Paris, il a pris l’habitude de suivre de nombreux cours : il fréquentera ainsi l’helléniste Paul Mazon et, au Collège de France, Jean Baruzi vers la finde sa vie, seul, parlant comme si de rien n’était devant une salle déserte, Louis Massignon, etc.

En novembre 1950, il entre dans la Compagnie de Jésus, attiré par le bouillonnement de vie au scolasticat de Fourvière, l’ouverture internationale de l’ordre et la haute silhouette de Henri de Lubac qui enseignait alors aux aux Facultés catholiques de Lyon. Il suit le cursus classique : noviciat et juvénat à Laval (Mayenne) (1950-1953), " un temps d’austérité " non matérielle mais intellectuelle, car la liberté de lire et travailler lui est chichement mesurée ; un an de philosophie au scolasticat de Chantilly (Oise), consacré à étudier Hegel dans le texte avec Joseph Gauvin, " une expérience forte " dont il gardera toujours gratitude à ce guide et à la Compagnie ; un an d’enseignement de la philosophie dans un collège jésuite à Vannes (Morbihan) pour remplacer au pied levé à la Toussaint un professeur malade ; enfin une dernière année de théologie au scolasticat de Fourvière (Lyon). Il est ordonné à Lyon le 31 juillet 1956.

Il avait commencé dès 1950 à préparer une thèse de patristique sur Saint Augustin, comme lieu de transit entre la pensée grecque et la théologie latine, mais la Compagnie lui demande alors de faire des recherches sur l’histoire spirituelle de ses commencements en France. Pendant les années suivantes, il résidera tantôt à Paris, tantôt à Chantilly, s’enfonçant avec ivresse dans le merveilleux fonds ancien de la bibliothèque, complétant sa formation d’historien dans plusieurs séminaires de recherche (avec Alphonse Dupront, Roland Mousnier, Jean Orcibal, etc.). Selon l’usage de la Compagnie, il s’interrompt pour faire un " troisème an " de noviciat dans la résidence de Saint-Martin-d’Albois (Marne) en 1959-1960, puis passe une année, assez dure pour lui, à donner les Exercices à la résidence Manrèse de Clamart (Hauts-de-Seine). Son doctorat sur Pierre Favre achevé en 1960, il entame son travail sur Jean-Joseph Surin auquel il restera désormais attaché. L’étrange destin de Surin l’incite à traverser, pour le comprendre, un pluriel de sciences humaines et sociales. Il s’intéresse en particulier à la psychanalyse, domaine où Louis Beirnaert lui sert probablement d’introducteur. Il commence une analyse, entre en relation avec Jacques Lacan (auquel il marquera toujours un grand respect intellectuel) et fait partie de son Ecole freudienne tant qu’elle existe (1964-1980).


Devenu profès de la Compagnie après ses " grand voeux " (Paris, février 1963), il se voit confier par elle des tâches et des responsabilités dans son réseau de revues. En 1963-1967, avec François Roustang, il dirige la revue " Christus " (trimestriel consacré à la spiritualié surtout ignatienne) et, aux éditions Desclée De Brouwer, la collection de livres qui lui est associée - lui-même y publiera plusieurs titres. A partir de 1967, il rejoint la rédaction des " Etudes " (mensuel de culture générale). Il fait aussi partie du conseil de rédaction de la " Revue d’histoire de la spiritualité " (nouvelle identité de la célèbre Revue d’ascétique et de mystique) et des " Recherches de science religieuse " , plus tournées vers le théologique. Dans chacune de ces revues, il publiera de nombreux articles et recensions, tout en menant de pair ses recherches érudites sur Surin. De ce dernier, il édite d’abord le " Guide spirituel " (1963), puis une massive " Correspondance " (1966), une somme d’érudition courronée par l’Institut et par la Ville de Bordeaux.

En août 1967, un grave accident de voiture, survenu en Savoie, semble compromettre l’avenir : son père, qui conduisait, est indemne, sa mère meurt sur le coup, lui-même est grièvement blessé, notamment à la face, il perd la vision de l’oeil droit. Le premier choc passé, il s’efforce de reprendre le plus tôt possible la tâche. A la recherche en histoire, au travail de rédaction pour les " Etudes " surtout (que dirige Bruno Ribes), s’est ajouté l’enseignement : un séminaire de doctorat en théologie à l’Institut catholique de Paris (1964-1978) ; après mai 1968 et son association aux projets de réforme universitaire, des cours à l’université expérimentale de Paris VIII (Vincennes), d’abord en psychanalyse, puis en histoire (1968-1971) ; ensuite à paris VII (Jussieu), des cours encore et un séminaire de 3è cycle en anthropologie culturelle (1971-1978).

Cependant la période des voyages en Amérique, toujours en relation avec des occasions de travail (conférences, enseignement, recherche), commence dès 1966 avec la découverte émerveillée du Brésil auquel il s’attachera, y faisant des séjours réguliers, puis l’Argentine, le Chili (avant la chute d’Allende), les Etats-Unis (à partir de 1969, tantôt à l’Est, tantôt à l’Ouest), le Canada et le Mexique dernier venu. Il circule tout autant en Europe : en Espagne, en particulier (par hasard de calendrier) au moment de l’agonie interminable de Franco, en Angleterre avec un trismestre comme Fellow à Cambridge (1975), en Belgique (où l’attire souvent le réseau de Marie Beaumont et Georges Thill, entre autres amitiés fortes), en Suisse comme Professeur associé à l’université de Genève (1977-1978), en Italie aux colloques et séminaires d’été d’Urbino (Centre de linguistique et sémiotique, à partir de 1969), etc. Dans ce tourbillon d’activités, il trouve encore le temps de créer et diriger une collection pour ouvrir la théologie aux méthodes des sciences humaines ; ce sera la " Bibliothèque des sciences religieuses ", produite en coédition entre quatre partenaires (Aubier, Cerf, Delachaux et Niestlé, Desclée De Brouwer), une utopie généreuse difficile à coordonner dans la pratique. De 1971 à 1977, il y publiera sept ouvrages de qualité, suscitant des projets originaux (par exemple avec Louis Marin ou Georges Thill), refusant la solution facile de se centrer sur la traduction de titres étrangers.

Dès 1972, il choisit de ne plus collaborer de manière intensive à la rédaction des " Etudes ", pour suivre une nouvelle ligne de recherche sur la culture contemporaine. Il est alors le rapporteur principal du colloque européen d’Arc-et-Senans sur la " prospective du développement culturel " (avril 1972), fait partie du Conseil du développement culturel mis en palce par Georges Pompidou, où il rencontre Roger Caillois, Paul Delouvrier, Jack Lang, et se lie d’amitié avec Françoise Choay : déçu par une conception qui ne s’intéresse plus " à faire de l’expression culturelle le moyen d’une communication et d’une créativité sociales ", et s’efforce de " ramener la culture vers la conservation d’un patrimoine ", il en démissionne en juin 1973. Il continue à réfléchir sur ces questions clés pour l’avenir d’une société, est à cetire directeur de recherche auprès du Ministère de la Culture en 1973-1974 (où il collabore avec Augustin Girard et Geneviève Gentil), puis devient responsable d’un contrat de recherche sur les " pratiques culturelles contemporaines " pour la DGRST en 1974-1977 (avec, comme collaborateurs directs, Pierre Mayol, Marie Ferrier et moi-même, plus une nébuleuse d’interlocuteurs où je me souviens de Patrick Mignon, d’Olivier Mongin, parmi tant d’autres visages).

Il en sortira d’abord " La culture au pluriel " (1974), puis, en relation avec le " laboratoire d’expérimentation et de discussion " que constitue alors son séminaire de 3è cycle à Paris VII, les deux tomes de " L’invention du quotidien " (1980). De ces années datent ses liens avec le Centre Georges Pompidou dont il aimera tout de suite la mobilité utopique et vivante. Comme il le notera plus tard, " Qui aime laville aime Beaubourg " (dans un rapport sur le Centre, écrit en 1983-1984 à la demande de Jean Meheu et publié in " Esprit ", février 1987, pour saluer le 10e anniversaire). D’ailleurs, dès sa fondation en 1974, il est membre du comité de rédaction de " Traverses " où il écrira régulièrement, malgré son éloignement géographique.

car déjà il s’était tourné vers un autre horizon. De 1978 à 1984, il est surtout aux Etats-Unis, comme Professeur titulaire à l’Université de Californie (San Diego). Il en revient en juillet 1984, tout à la joie d’avoir été élu à l’Ecole des hautes Etudes en Sciences Sociales et de rejoindre un " lieu naturel " de son travail d’historien, un carrefour d’amitiés et d’interlocuteurs. Il doit y assurer une direction d’études concernant " l’anthropologie historique des croyances (XVIe-XVIIIe siècles) ". Il fourmille de projets, veut terminer d’abord le tome 2 de " La fable mystique ", rédiger une anthropologie du croire ( à laquelle il a beaucoup travaillé en Californie), reprendre le dossier, autrefois ouvert avec Jean de Léry dans " L’Ecriture de l’histoire " (1975), des récits de voyage en Amérique, à partir de deux séries, l’une vers le Brésil, l’autre vers la Nouvelle-France.

Mais il aura à peine plus d’un ans pour enseigner à Paris. Imprévisibl, la maladie se dévoile en juillet 1985, impose très vite une grave opération, un long été à l’hôpital. Il sait aussitôt à quoi s’en tenir, choisit de n’en rien dire et de se battre en silence avec la complicité des plus proches. Il entame une course désespérée contre le temps, s’acharne à reprendre son travail en octobre, à recommencer son séminaire à la date prévue, à achever le second tome de " La fable mystique ". Il enseigne jusqu’à la fin décembre, y consacre ses dernières forces. Il meurt chez lui au soir du 9 janvier 1986, avec une élégance, une fortitude venues d'u’ autre siècle : c’est lui qui réconforte les visiteurs qu’il demande à voir dans les derniers jours, c’est lui qui leur parle d’avenir. Il explique en souriant que les vieux traités sur " l’art de mourir " étaient de bonne lecture, que Surin dans " La science expérimentale " lui avait enseigné l’essentiel sur la vérité du " sentiment intérieur ".

Selon ses souhaits, duranr la messe du dernier adieu (église Saint-Ignace, 13 janvier), on entendra les versets de Paul sur " la folie du Christ " (1Co1, 26-19), un fragment d’un " Cantique spirituel " de Surin, et aussi Edith Piaf chantant " Je ne regrette rien ", dernier signe d’amitié, dernier sourire complice. Il repose au cimetière de Vaugirard (Paris XVè), dans un caveau de la Compagnie de Jésus, tout près de Louis Beirnaert et de Henri Lavalette, qui l’y avaient précédé de quelques mois. Nombreux furent les articles de presse à saluer le voyageur parti pour un " autre pays ". La guirlande des titres dessine à petites touvhes un portrait qui sonne juste " Pèlerin des frontières " (Paul Valadier, Le Monde), " migrateur " (Michel Crépu, Panorama), " Savoyard universel " (Jean Bianchi, La Vie nouvelle, Chambéry), " mystique qui s’ignorait " (Gwendoline Jarczyk, La Croix) et, pour introduire une merveilleuse double page de Libération, cette formule : " le chrétien éclairant ", avec, en sur-titre et petits caractères, ce simple mot qui lui serait allé droit au coeur " compagnon ".

Dans la foule anonyme, un passant disparu ; dans le concert des voix, un silence ; comme il aimait à dire, d’une expression venue des mystiques, " une goutte d’eau dans la mer ".


Bibilographie : 


(1) Bieneureux Pierre Favre, " Mémorial ", traduit et commenté par Michel de Certeau, Paris, Desclée De Brouwer, coll.Christus, 1960, 453p.

(2) Jean-Joseph Surin, " Guide spirituel pour la perfection ", texte établi et présenté par Michel de Certeau, Paris, Desclée De Brouwer, coll. Christus, 1963, 330p.

(3) Pierre Teilhard de Chardin, " Lettres à Léontine Zanta ", intraod. par Robert Garric et Henri de Lubac, éd. par Michel de certeau, Paris, desclée De Brouwer, 1965, 142p.

(4) Jean-Joseph Surin, " Correspondance ", texte établi, présenté et annoté par Michel de Certeau, préface de Julien Green, Paris, Desclée De Brouwer, Bibliothèque européenne, 1966, 1827 p.

(5) " La solitude, une vérité oubliée de la communication " (avec François Roustang et al.), Paris, Descelée De Brouwer, coll. Christus, 1967, 256p.

(6) " La prise de parole. Pour une nouvelle culture ", Paris, Descelée De Brouwer, coll. Foi vivante, 1969, 261p.

(7) " La possession de Loudun " (1970), 2è éd., Paris, Gallimard-Julliard, coll. Archives, 1980, 343p.

(8) " L’absent de l’histoire ", s.l., Mame, coll. Repères, 1973, 185p.

(9) " La culture au pluriel " (1974), 2è éd., Paris, Christian Bourgois, 1980, 256p.

(10) " Le christianisme éclaté " (avec Jean-Marie Domenach), Paris, Seuil, 1974, 119p.

(11) " L’Ecriture de l’histoire " (1975), 3è éd., Paris, Gallimard, Bibliothèque des histoires, 1984, 358p.

(12) " Une politique de la langue. La Révolution française et les patois : l’enquête de Grégoire " (avce Dominique Julia et Jacques Revel), Paris, Gallimard, Bibliothèque des histoires, 1975, 317p.

(13) " L’invention du quotidien ", tome 1 : Arts de faire, Paris, UGE, coll. 10/18, 1980, 374p.

(14) " La fable mystique. XVIe-XVIIe siècle ", tome1 (1982), 2è éd., Paris, Gallimard, coll. Tel, 1987, 414p.

(15) " L’ordinaire de la communication " (avec Luce Giard) et al.), Paris, Dalloz, 1983, 167p.

(16) " Histoire et psychanalyse entre science et fiction ", présenté par Luce Giard, Paris, Gallimard, coll. Folio/essais, 1987, 214p.

(17) " La faiblesse de croire ", texte établi et présenté par Luce Giard, Paris, seuil, coll. Esprit, 1978, XIX-323p.

Texte Libre

Mohammed Chaouki ZINE

Ecrivain, philosophe.

(الدكتور محمد شوقي الزين )

Né le 13 mai 1972, à Oran (Algérie).

Docteur de l'Université de Provence (Aix-Marseille I).

Chercheur associé à l'IREMAM (Aix-en-Provence).

Chercheur invité à l'IISMM (Paris).

E.mail : mohammed_zine@yahoo.fr

Mes livres :

 

 

  

Herméneutiques et déconstructions,  Beyrouth-Casablanca, éditions du Centre culturel arabe,  2002, 255 pages.   تأويلات و تفكيكات

 

 Un recueil d'études sur des philosophes européens (Hans-Georg Gadamer, Gianni Vattimo, Michel Foucault, François Laruelle, Jacques Derrida, Jean Baudrillard) et américains (Richard Rorty, le pragmatisme en général). Il étudie les rapports complexes entre la déconstruction (philosophie inventée par le philosophe français J. Derrida et largement étudiée et appréciée aux Etats-Unis), et l'herméneutique dont le véritable théoricien dans les temps modernes est Hans-Georg Gadamer.

 

Identités et altérités, Alger, éd. de la différence, 2002, 303 pages. هويات و غيريات

Ce livre, en français, traite de nombreux sujets sur la mondialisation et l'identité culturelle, l'Etat, la laïcité, l'islam et l'occident, le statut de l'intellectuel, etc. 

 

 

La philosophie herméneutique, traduit en arabe, Alger, éd. de la différence, 2002, 192 pages فلسفة التأويل

Ce livre est une traduction arabe du livre de Hans-Georg Gadamer, philosophe allemand (1900-2002). Il a été édité l'année de son décès. Un hommage... Un recueil d'études sur ce qu'on appelle "herméneutique" ou l'art d'interpréter le texte littéraire et philosophique.

 

 

Politiques de la raison, Oran, éd. de l'ouest, 2005, 237 pages. سياسات العقل

Ce livre en arabe traite de plusieurs sujets liés à la gestion de la raison, et de la rationalité. Une sorte de politique de la raison, ou bien un cadre institutionnel de la pensée. Il est question du rapport complexe entre la politique, la morale et la raison; des reflexions sur l'université, la question du pardon, du mal, l'identité et l'altérité, etc.

 

 

Déplacements intellectuels, Alger, éd. de la différence, 2005, 129 pages. ازاحات فكرية

 

 

 Ce livre en arabe est entièrement consacré à l'intellectuel et la modernité.

 

Réédition

Hans-Georg Gadamer, La philosophie herméneutique, traduit en arabe par Mohammed Chaouki Zine, 2e édition, Alger, éd. de la Différence ; Beyrouth, éd. Centre Culturel Arabe & la Maison Arabe des Sciences, 2006.

 

 

 

 Cosmic Story (Histoire des idées cosmologiques)

Traduction arabe de la BD de l’astrophysicien Jean-Pierre Petit. 

Mes articles :

 

 

 II-1- Articles et traductions en français 

« Gadamer et l’herméneutique », Res Publica, juin 2001, n°25, Paris, PUF, p. 2-6
« L’actualité de la philosophie dans la pensée arabe contemporaine », Res Publica, août 2003, n°34, p. 6-9
« Réfléchir et infléchir. Arts de penser et d'agir chez Michel de Certeau », in l'Homme et la réflexion, Actes du XXXe Congrès, Paris, Librairie philosophique J. Vrin, 2006, p. 303-306
« Servitude et finitude dans l'herméneutique d'Ibn 'Arabî », Carbone, n°1, Automne 2006, p. 25-32
« La dimension universelle de la pensée herméneutique », Le Tract, n°2, vol.1, automne 2000, Université du Québec à Trois-Rivières, Québec, Canada.
« La mondialisation, l’événement du siècle », Le Tract, n°2, vol.1, automne 2000 (traduction française de l’article de Ali Harb)
« Ni paradis sur terre, ni enfer. Terrorisme, islam et Occident », Le Tract, vol.3, n°2, 2002 (traduction française de l’article de Ali Harb)
« L’intellectuel et la mondialisation », Le Tract, Hors-Série, spécial “Mondialisation”, hiver 2001
« La stratégie du texte : une approche philosophique », Madarat, Tunis, vol.VI, 7e année, n°11-12, automne 1999, p. 5-19
« Mystique et mystère du pouvoir : Michel de Certeau et Michel Foucault », Revue algérienne de philosophie, n°1, janvier 1998, Université d’Oran, p. 55-65
« Ibn 'Arabî, l’herméneutique et l’écriture », Luqmân, vol.15, n°2, Téhéran, 1999, p. 85-98
« L’Islam et l’Occident », El Watan, quotidien francophone, Alger
a- « Entre sens et puissance » (mardi 28 novembre 2000)
b- « Thèses et antithèses » (mercredi 29 novembre 2000)
c- « De quelques concepts dépassés » (vendredi 1 et samedi 2 décembre 2000)
d- « Reflets dans le miroir » (dimanche 3 décembre 2000)
 
II-2- Articles en arabe et traductions en arabe 
II-2-1 : Dans les revues et les périodiques 
·         al-Marifa (La connaissance), revue mensuelle, Damas, Syrie.
« Clavis Hermeneutica. La clef de l’interprétation face aux serrures de la tradiction », année 38, n°433, octobre 1999, p. 77-105
« Les méthodes philosophiques en Occident contemporain », année 39, n°438, mars 2000, p. 12-35
« La vérité dans les sciences humaines » (traduction de l’article de Gadamer), année 39, n°444, septembre 2000, p. 57-66
·         Kitabat Mouacira (Ecrits contemporains), revue trimestrielle, Beyrouth, Liban
« Jean Baudrillard et le sens du simulacre », n°37, mai-juin, 1999, p. 6-11
« Le texte mystique : Michel de Certeau », n°35, octobre-novembre 1998, p. 6-13
« Corps torturés, paroles capturées » (traduction de l’article de Michel de Certeau), n°36, février-mars 1999
« La traduction et la différence, en hommage à Bakhti Benaouda », n°34, juillet-août 1998
«  le déconstructivisme d’Ibn cArabî. L’herméneutique, la différence, l’écriture », n°36, février-mars, 1999, p. 53-59
« L’expérience de la pensée chez Michel Foucault », n°38, août-septembre 1999, p. 51-59
« Ecrits » (traduction et commentaire de l’article de Michel de Certeau), ibid.,
« Foucault, historien du présent » (traduction de l’article de Gilles Deleuze), n°42, novembre-décembre 2000, p. 67-69
« L’unité et la dissémination : Laruelle et Derrida », n°39, décembre 1999-janvier 2000, p. 64-68
« Le simulacre textuel : Laruelle lecteur de Derrida », n°43, mars-avril 2001, p. 25-28
« La vérité comme dialogue et entente chez Gadamer » (traduction de l’article de Yashar Saghaï), n°40, avril-mai 2000, p. 75-81
« L’image et le modèle : à propos de l’icône et du simulacre d’après Mario Perniola », n°41, août-septembre 2000, p. 49-51
« La philosophie critique de Ali Harb », n°44, juillet-août 2001, p. 39-43
« La mystique » (traduction et introduction de l’étude de Michel de Certeau), ibid., p. 50-59
« Bakhti Benaouda, l’Algérie vécue dans la puissance du verbe », n°45, novembre-décembre 2001
« La dialectique de la science et de la philosophie », n°48, octobre-novembre 2002, p. 119-121
« Mystique et psychanalyse » (traduction de l’article de Michel de Certeau ), n°49, février-mars 2003, p. 66-68
« Derrida et la déconstruction : témoignage intellectuel », n°50, mai-juin 2003, p. 41-43
« Le discours de la finitude : à propos de l’intellectuel », n°52, février-mars 2004, p. 36-40
« Le discours philosophique : un problème logique ou une question ontologique? », n°54, septembre-octobre 2004, p. 62-64
« Lettre de Jacques Derrida : le corps et le spectre », n°55, février-mars 2005, p. 6-15
« La question de la différence : entre Michel de Certeau et Jacques Derrida », n°56, septembre-octobre 2005, p. 6-12
·         Fikr wa Naqd (Pensée et critique), revue mensuelle, Rabat, Maroc
« Phénoménologie et herméneutique », 2e année, n°16, février 1999, p. 71-84
« Esquisse des fondements d’une herméneutique » (traduction de l’article de Gadamer), ibid., p. 85-106
« Le volcanisme du texte : Bakhti Benaouda lecteur de Jacques Derrida », 3e année, n°28, janvier 2000, p. 151-158
« Lecture de l’identité de la pensée occidentale » (traduction de l’article de Michel Faucheux), 5e année, n°52, octobre 2003, p. 107-122
·         al-Tabyine (l’éclaircissement), revue annuelle, Alger, Algérie
« La déconstruction, en hommage à Bakhti Benaouda », n°15, 2000
« L’herméneutique, la langue et les sciences humaines » (traduction de l’article de Gadamer), n°18, 2002, p. 81-86 [aussi revue Fosol, Le Caire, printemps 1999]
·         Madarat (Tropiques), revue semestrielle, Tunis, Tunisie
« La vie comme une œuvre d’art » (traduction d’un entretien avec Gilles Deleuze), 7e année, vol.VI, n°11-12, automne 1999, p. 20-27
« Lecture de " Ibn ‘Arabî et la naissance d’un nouveau langage " de Suad El Hakim », n°9-10, 1997-1998, p. 151-168
« Les problèmes épistémologiques des sciences humaines » (traduction de l’article de Gadamer), ibid., p. 41-50
·         Awan (l’instant), revue trimestrielle, Université de Bahrain (Sakhir)
« Muhyiddin Ibn ‘Arabî et Jacques Derrida : la déconstruction, l’existence, la vérité », n°3-4, octobre 2003, p. 160-167
« Le désir de reconnaissance dans la culture humaine : en hommage à Paul Ricoeur (1913-2005) », n°9, mai 2005, p. 128-135
« Le revenant, le spectre, Jacques Derrida », n°10, septembre 2005, p. 128-139
·        Bahraïn Thaqafia (Bahraïn culturelle), revue trimestrielle.
« Herméneutique et critique culturelle: l'apport de Gadamer et de Richard Rorty , n°38, mars 2004, p. 13-18
 
II-2-2 : Dans les journaux et les quotidiens 
·         al-Quds al-Arabî, quotidien arabophone, Londres, Grande Bretagne
« Les idées de Michel Chodkiewicz sur Ibn ‘Arabî : compte rendu critique de son livre “Ibn ‘Arabî, le Livre et la Loi” », jeudi 10 mai 2001
·         al-Mustaqbal, quotidien arabophone, Beyrouth, Liban
« La pensée radicale d’après Jean Baudrillard », vendredi 8 juin 2000
« La pensée de Baudrillard : clefs pour comprendre le Réel », vendredi 25 août 2000
« La vérité et le simulacre », vendredi 9 juin 2000
« Le discours culturel : compte rendu du livre posthume de Bakhti Benaouda “Le ton de la modernité” », mercredi 11 octobre 2000
« L’intellectuel et la mondialisation », samedi 29 juillet 2000
« L’islam et l’Occident : les perceptions et les perspectives » (en deux parties), samedi 25 et dimanche 26 novembre 2000
« L’illusion du salut dans le conflit algérien », mercredi 7 février 2001
« La fin et la finitude : à propos de la fin de l’intellectuel », vendredi 6 avril 2001
« Jacques Derrida et la philosophie du pardon », vendredi 5 janvier 2001
« L’affaire Sokal et la pensée arabe contemporaine », vendredi 11 mai 2001
« L’abécédaire de la culture et l’éthique du dialogue », vendredi 20 juillet 2001
« La question de la modernité et le problème herméneutique », vendredi 21 septembre 2001
« L’Algérie entre le déficit interne et l’ingérence externe », mercredi 28 novembre 2001
« La modernité et la postmodernité », vendredi 1 février 2002
« Mémoires personnelles pour une mémoire collective : à propos du livre de l’historien algérien Mohammed Harbi “Une vie debout. Mémoires politiques” », mercredi 13 mars 2002
« L’intellectuel algérien : absence ou marginalisation ? », mercredi 24 avril 2002
« L’extrême droite : l’avancée redoutable et le malaise civilisationnel », lundi 29 juillet 2002
« La question de l’identité et les défis de l’avenir », lundi 30 décembre 2002
« Le système pastoral dans le rôle de l’intellectuel », mercredi 04 juin 2003
« Adieu Jacques Derrida (1930-2004) : les adieux à un ami qui s’en va », mardi 12 octobre 2004
·         El-Youm, quotidien arabophone, Alger, Algérie
« La fin de l’intellectuel ou sa finitude ? », mercredi 21 mars 2001
« Politique de la pensée. Vers une nouvelle approche du travail intellectuel : compte rendu du Livre de Ali Harb “Politique de la pensée” (2 tomes) », lundi 23 avril 2001
« Mohammed Arkoun et le défi critique de la raison islamique », mardi 29 août 2000
« Bakhti Benaouda et la quête de soi » (2 parties), mardi 5 et mercredi 6 septembre 2000
« Philosophie de la finitude. Les territoires de la culture et les hypostases de l’intellectuel », mardi 5 juin 2001
« La mondialisation entre la logique catastrophiste et la volonté herméneutique », lundi 21 mai 2001
« La déconstruction : par-delà le scepticisme. Réponse à Nabil Hadou », jeudi 20 septembre 2001
« L’écriture et la différence : entretien » (2 parties), jeudi 2 et jeudi 9 août 2001
« Politique et rhétorique : la crise du discours moraliste », mercredi 9 janvier 2002
« “L’âge de pierre” de la politique contemporaine », mardi 5 février 2002
« Le rationnel et l’irrationnel : essai sur la philosophie du mal », dimanche 10 février 2002
« L’intellectuel : les convictions et les masques », dimanche 24 mars 2002
« L’intellectuel critique oui, mais aussi les valeurs de l’autocritique. Réponse à Bachir Mefti », jeudi 10 mai 2001
·         As-safir, quotidien arabophone, Beyrouth, Liban
« La fin de la modernité. L’herméneutique dans la culture occidentale contemporaine », vendredi 28 septembre 2001
« Civilisations incarcérées », dans le cadre du dossier « Les Arabes à l’âge de la mondialisation », sous la direction de Ahmed Sleiman, vendredi 8 décembre 2000
« Mes adieux à mon ami Jacques Derrida », lundi 11 octobre 2004
·         Az-zaman, quotidien arabophone, Londres, Grande Bretagne
« Entre Gadamer et Rorty : le Bildung et le pragmatisme », mardi 11 décembre 2001
« Le symbolisme du miroir dans le choc civilisationnel », jeudi 13 juin 2002
« Les manifestations de la vérité dans la raison herméneutique : Paul Ricoeur », lundi 1 juillet 2002
« La pensée herméneutique : Hans-Georg Gadamer », mercredi 3 juillet 2002
« L’herméneutique de Gadamer : éléments pragmatiques dans le langage », jeudi 4 juillet 2002
« Déconstruction et herméneutique (1) : le langage selon Derrida », mercredi 17 juillet 2002
« Déconstruction et herméneutique (2) : l’être et le langage d’après Gadamer », vendredi 19 juillet 2002
« La conception de l’histoire chez Michel de Certeau (1) : l’écriture historiographique », mercredi 15 janvier 2003
« La conception de l’histoire chez Michel de Certeau (2) : psychanalyse et histoire », mercredi 29 janvier 2003
« La politique de la différence et la finitude de l’identité : aspects politiques et philosophiques », mercredi 26 mars 2003
« La symbolique du mal : l’homme face à sa barbarie », samedi 5 et dimanche 6 avril 2003
« Modernité et postmodernité : problématiques générales », mardi 4 mars 2003
« Politique de la raison et le choc du réel : la question de l’intellectuel », mardi 11 mars 2003
« La pensée arabe contemporaine sur internet », lundi 05 mai 2003
·         Nawafez, hebdomadaire arabophone, le supplément du quotidien « al-Mustaqbal », Beyrouth, Liban
« Quel rôle l’université peut jouer aujourd’hui ? » compte rendu du livre de Jacques Derrida, L’Université sans condition, vendredi 14 décembre 2001
« Vocabulaires pour des pensées différentes », compte rendu du livre de Charles Ramond, Le vocabulaire de Derrida, dimanche 6 janvier 2002
« L’existence vécue comme pratique et vision artistique du monde », compte rendu du livre de Claude Morilhat, Philosophie ou libertinage. R. Rorty et le discours postmoderne, dimanche 10 mars 2002
« L’essence de la vérité dans l’activité artistique », compte rendu du livre de Martin Heidegger, L’origine de l’activité artistique, dimanche 23 juin 2002
« Les manifestations de la raison et de la vérité dans la philosophie contemporaine », compte rendu du livre de Omar Mehibel, Du système au sujet. Lectures de la pensée occidentale contemporaine, samedi 27 juillet 2002.
« La rupture instauratrice et les arts de vivre », compte rendu du livre de François Dosse,  Michel de Certeau : le marcheur blessé, Paris, La Découverte, 2002 
« L’imagination dans l’histoire », compte rendu du livre de Michel de Certeau, Histoire et psychanalyse, Paris, Gallimard, 2002, samedi 11/01/2003
« La fonction pragmatique de la raison et de la vérité », compte rendu du livre de Jürgen Habermas, L’éthique de la discussion et la question de la vérité, Paris, Grasset, 2003 ; samedi 26 avril 2003
·         El Djoumhouria (La République), quotidien arabophone, Oran, Algérie
« Entretien à l’occasion du sixième anniversaire de la disparition de Bakhti Benaouda », lundi 21 mai 2001
·         El Ikhtilef (La différence), revue éditée par la Ligue des écrivains de la différence, Alger.
« La dimension universelle de la pensée herméneutique », traduit en arabe par Abdelkader Boudouma, n°1, juin 2002
« Jacques Derrida : témoignage intellectuel », n°2, septembre 2002
·         Zarez (Zagreb), revue culturelle (Croatie)
« Islam i Zapad : Ulog smisla i moc », traduit en serbo-croate par Srđan Rahelić, n°87, 12 septembre 2002.
 
III-  Conférences 
Université de la Méditerranée (Aix-en-Provence, France), « l’herméneutique de Hans-Georg Gadamer », (juin 1996).
Palais de la Culture et des Arts (Oran, Algérie), « Les méthodes philosophiques occidentales : critique, herméneutique et déconstruction » (juillet 1996).
Centre de Recherches et d’Etudes Documentaires et Informatiques en Sciences Sociales et Humaines (Oran, Algérie), « phénoménologie et herméneutique » et  « le texte philosophique : structure et fonction ». (août 1997).
Université de Trieste (Italie), « l’Intellectuel et l’espoir social en Algérie »  (4 mai 1998).
Université de Nantes (XXXe Congrès de l’ASPLF) : « Réfléchir et infléchir. Arts de penser et d’agir chez Michel de Certeau » (août 2004).
 
Actes du Congrès...
 
« La différence.  L’identité et l’altérité entre Michel de Certeau et Jacques Derrida » (Congrès international sur la philosophie de la différence), Université de Kairouan, Tunisie, mars 2005.

« La science et la connaissance entre symbolisme et herméneutique chez Ibn ‘Arabî » (Congrès international sur le symbolisme et l’herméneutique chez Ibn ‘Arabî), Damas, Syrie, juin 2005.

Mardi 19 juin 2007

 

Modernizing the thought in the geographic and cultural
contemporary Middle-East:
The contribution from the Lebanese philosopher Ali Harb.
 
 
Mohammed Chaouki Zine
 
 
 
Ali Harb, unknown in comparison to his peers such the Moroccan thinker Mohammed Abed El Jabri, and the Franco-Algerian thinker Mohammed Arkoun, is today an undeniable figure in the modernization of the Islamic and Arabic thought, by the pertinent use of cognitive tools of human Sciences used in the West: Criticism, Hermeneutics, Epistemology, Deconstruction, Pragmatism.
He is also one of the most prolific authors (See: Bibliography). His work analyses from a methodological point of view many topics such as Culture, Identity, Islam, the West, the Intellectual, Modernity, Postmodernity, etc. His erudition is allowed him to put forward on of the most important problem that Islamic and Arabic Culture had to face: the sclerosis of the thought.
The contribution of Ali Harb is part of broader ambitious programme initiated by many Arabic thinkers. The aim of this programme is indeed, the Criticism, in the epistemological sense, in order to define the conditions of possibility on the Arabo-Muslim épistémè. Mohammed Abed El Jabri, started a long time work which consist in criticising the Arabic reason (four books edited in 1984, 1986, 1992 and 1999) on the following:
1- The historical formation of the Arabic reason.
2- The internal structure: language and literature (bayân); philosophy and the dialectical theology (burhân); Mysticism and Gnosticism (‘irfân).
3- Institutional a political frame: case law, religious statute law, and caliphate, rural and urban world.
4- The ethical dimension: moral order, customers, rules of use.
At the same him, Mohammed Arkoun tried a critic of the Islamic reason (1984), a sort of reconsideration of its theological grounds and its canonical foundations.
Either way, the Egyptian thinker Nasr Hamid Abou Zayd has worked on the critic of the Religious reason in order to historicise the Islamic and Arabic thought. He indeed to put away its sacred and transcendental aspect which put it rooted to the spot, prey of lectures emanate from the Islamism.
The ambition of these authors came up against methodological and ideological difficulties. The methodological obstacle consists to confront incredulous minds, who reject human and social Sciences, shaped in Europe, and think instead that they are not applicable to other cultural context. The difficulty concerns in particular the Quranic Studies (Exegesis) and the possibility or not to read and interpret the parole of God in the light of human knowledge.
Nasr H. Abou Zayd was the most concerned about this issue, because his religious education at Al-Azhar (Cairo). The ideological obstacle concerns the tradition (mainly religious) and the way to insert it in contemporary debate.  
The effort of these authors has been to reconsider the theological foundation of this tradition. Traditionalist interpretations backed by political institutions, worried to protect their interests, abated this critical impulsion of these thinkers.   
The critical undertaking of Ali Harb is radical and doesn’t concerns only Arabic and Islamic thought, but also the previous authors cited (El Jabri, Arkoun, Abou Zayd) who, according to him, have fallen in the obsession of identity. His arguments spread into three interactive domains:
1- The religious rigidity as a canonical system sealed and loath to any change.
2- The locking up of the Arabic and Islamic thought and rejection of everything that comes from otherness.
3- The nationalization of the thought by the authors cited previously: El Jabri and the Arabic thought, Arkoun and the Islamic thought.  
Against the religious and the traditionalist thought that put forward these ideals without any link to reality, Ali Harb recommend an open relationship that allow renovating principles and high ideals on which this thought has been built upon.   
The cultural confinement incites advocates of the tradition to identify themselves to foundation texts (the Revelation incarnated in the Quran), and this process condemn these texts to archaism, and to be placed aside the movement of the world and the evolution of the society.
Against this confinement, Ali Harb’s gambling is to change our approach of these ultimate foundations, which are exegetic texts, jurisprudential, moral and canonical.   
The initiative from the authors such as El Jabri, Arkoun and Abou Zayd is laudable, but still, according to Ali Harb, remain under the objectives, because they “nationalize” the reason, which means to identify the reason by symbols from a geographical and cultural Arabic and Islamic indeed.   
Of course, their initiatives use the latest technical and epistemological from human and social Sciences, in Europe en particular, but for them, the identical preoccupation exceed the methodological demand. According to Ali Harb, the universal (Human knowledge) must not be an excuse to cristallize the special (Arabic and Islamic thought), but It’s to the special to get universal giving to itself the means to be reformed and to be able to invent and communicate something original and singular, as in the golden age of the Arabo-Islamic Civilization. This Civilization, as a specific culture, has been able to give to its literary, scientific and philosophical productions a universal dimension profitable to the whole humanity.     
What are then the appropriate technics recommended by Ali Harb to modernize this thought? In his many books, he does a diagnostic of real and structural problems which prevent this thought to modernize.
1- The identity problem linked to the narcissistic wound who reminds the past glory.
2- The symbolic and religious capital confiscated by the political power, and prey of fundamentalist lectures, usually hostile to free and laic mind.  
3- The excessive apology to the glorious past against the western Intelligence, designate like a “Cultural invasion of the West”.
4- The elitist obstacle of intellectuals like an exact opposite of the real and conjectural problems of their societies.
To these endogenous problems, Ali Harb opposes a shock treatment, and proposes a new logic in the way to apprehend things. It’s not enough to renovate concepts that constitute the Arabo-Muslim Weltanschauung, but to identify completely our approach to this vision of the world, rooted by the considerations cited earlier. In other words, it’s necessary to put into place a logic who does not only concern terms (concepts, customs, texts), but the relation between the terms in order to transform and modify it. Like this, the subject modify its relation to the object as it is transformed this modification. Each subject belonging to the Arabo-Muslim culture, try to contribute, by his appreciations and his interpretations, to renovate his heritage and to modify his relation to it. Like this, it’s himself who is transformed positively.
The project of Ali Harb is an enormous working whose deserve a particular attention. It has not benefited of a large and independent study by comparison to other thinkers.
 
 
Bibliography (works of Ali Harb, all in Arabic):
1- Man downstairs: disease of the religion and obstacle of the modernity, Beirut, 2005, 279 p.
2- Personal lecture of the post-deconstruction, Beirut, 2005, 311 p.
3- The times of the hypermodernity, Beirut-Casablanca, Cultural Arabic Centre (CAC), 2005, 254 p.
4- The world and its dilemma, Beirut-Casablanca, CAC, 2003, 192 p.
5- Politics of the Thought (2 vol.), Beirut-Casablanca, CAC, 2001
Vol.1: Dogma and Fetish (the Fate of the Cultural Arabic Project), 224 p.
Vol.2: Idol and Fantasy (Critics of Pierre Bourdieu and Noam Chomsky), 142 p.
6- Discourse of the ultimate Ends: the conquest of the Globalization and deadlock of the Identity, Beirut-Casablanca, CAC, 2000, 203 p. [translation into French by Mohammed Chaouki Zine].
7- The illusion of the Elite, Beirut-Casablanca, CAC, 1998², 224 p.
8- Substance and relation. Toward to a transformational Logic, Beirut-Casablanca, CAC, 1998, 269 p.
9- Forbidden and Prohibitive: critics of the thinker subject, Beirut-Casablanca, CAC, 1998², 287 p.
10- Thought and Event, Beirut, al-Kunuz al-adabiyya ed., 1997, 270 p.
11- Alienation and Abjuration (Islam between Roger Garaudy and Nasr Hamid Abou Zayd), Beirut-Casablanca, CAC, 1997, 121 p.  
12- Discourse of the identity. An intellectual Autobiography, Beirut, al-Kunuz al-adabiyya, 1996, 176 p.
13- Truth and Thought, Beirut, al-Taliah ed., 1994, 245 p. 
14- Critics of the Text, Beirut-Casablanca, CAC, 1993, 286 p.
15- Critics of the Truth, Beirut-Casablanca, CAC, 1993, 148 p.
16- Game Meaning, Beirut-Casablanca, CCA, 1991, 156 p.
17- Love and Destruction, Beirut, al-Manahil ed., 1990, 183 p.
18- Interventions, Beirut, al-Hadatha ed., 1985, 224 p.
19- Hermeneutics and Truth, Beirut, al-Tanwir ed., 1985, 230 p.
 
Translation into Arabic:
1- Logic of the living of François Jacob, Beirut, Community Centre of Development, 1989, 340 p.
2- Roots of the States and the violence of Marcel Gauchet and Pierre Clastres, Beirut, al-Hadatha ed., 1985, 220 p.
 
par ZINE publié dans : philozine
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Texte libre

Compte rendu de ma traduction du livre de Hans-Georg Gadamer, fait par Maher Charaf Al-Din et publié dans la revue Qantara (Berlin-Allemagne)  et dans le quotidien libanais Annahar.

فلسـفـة التَّـأويـل

هيرمينوطيقا لغوية 

ماهر شرف الدين

العام 1900، الذي شهد وفاةَ فريدريش نيتشه، شهد ولادةَ أشهر فلاسفة الهيرمينوطيقا في العصور الحديثة: هانس غيورغ غادامير. وفي كتاب فلسفة التأويل، الصادر لدى مؤسسات ثلاث[1]، نقع على مختارات باهرة من الدراسات التي قدَّمها غادامير كمدخل إلى الفكر التأويلي.

                                        

لعقود طويلة، ظلت فلسفة غادامير التأويلية محلَّ قراءات مختلفة وتأويلات متضاربة في خصوص تصوُّره للُّغة: غالبًا ما نُعِتَتْ "تأويلية" غادامير بأنها هيرمينوطيقا لغوية، من حيث إنها تعطي الأولوية والصدارة لعامل اللغة كبُعد كونيٍّ وشامل يشترط الأبعاد الأونطولوجية والأنثروپولوجية كلَّها للكائن: "الوجود الجدير بالفهم هو اللغة." لقد جاء جواب غادامير حاسمًا:

عندما كتبتُ أن الوجود الممكن فهمه وإدراكه هو اللغة، ينبغي أن نفهم من هذا التصريح أن الوجود (ما هو كائن) لا يمكن فهمه في صورته الكلِّية والشاملة، بحيث إن كلَّ ما تحمله اللغة يحيل دومًا على ما وراء (أو فوق) العبارة نفسها.

فالصحيح أن ما عبر عنه الفيلسوف لا يكتفي بنقل إرادة التعبير وبتثبيتها بالكتابة، بل يسعى إلى الاتفاق حول – أو الانسجام مع – الشيء عِبْر التواصل والحوار.

تتوزع كلمة "هيرمينوطيقا" hermeneutics (فن التأويل)، كما هي الحال مع الكلمة المشتقة عن الإغريقية hermeneuein، التي تمفصلتْ مع لغتنا العلمية، في المستويات المختلفة للتفكير. وتدلُّ هذه الكلمة على ممارسة فكرية دليلها الآلية أو الفن. وهو ما يستحضره تشكيلُ اللفظ الذي يدلُّ على "التقنية". يتخذ "الفن" هاهنا دلالةَ الإعلان والتراث والتفسير والتأويل، مثلما يشتمل على فن الفهم كأساس له ودعامة.

ويعتقد غادامير أن مشكل الهيرمينوطيقا لا ينحصر في المشكل المنهجي للعلوم الإنسانية، ولا ينجم عن المناقشات الحالية حول الطرق والأساليب العلمية في التفكير والتفلسف، بل هو مشكل إنساني ينصبُّ حول قدرات الوجود الإنساني. فالاختلاف الذي نقيمه بين العلوم الإنسانية وعلوم الطبيعة غير مُرْضٍ من الجانبين: لا يرضي علماءَ اليوم حَصْرُ هذه العلوم في حلِّ المشكلات (المعرفية) بواسطة قانون النسبوية relativism؛ إذ يؤكد هؤلاء العلماء أن مشكلة اللغة، أو المشكل الألسُني، في الحقول الأساسية للنظرية الحديثة، هو أيضًا مشكل ذو أهمية فائقة، ويشغل مكانةً رئيسية في المناقشات الفكرية المعاصرة.

هـ.غ. غادامير

غادامير، الذي تأثرتْ تأويليَّته بالمنهج الديكارتي في بُعدها الإپستمولوجي، استقلَّ المنحى الأونطولوجي والفني والفلسفي لديه عن صرامة المنهج، عِبْر إدراجه للتصورات المسبقة التي كانت محلَّ شكوك وتحفُّظات في المنهج الديكارتي، الذي أسَّس لفكرة العالم في العصور الحديثة، المبنية على البداهة واليقين. ولأن الشك الديكارتي يستسلم، في نهاية المطاف، لوضاحة المنهج وبداهة الفكرة، قام غادامير بتجنيد الشكِّ النيتشوي الراديكالي. وبدلاً من الاستناد إلى بداهة الوعي المفكِّر نفسه، يستند غادامير إلى فكرة أستاذه هيدغِّر حول التناهي الإنساني، التي تظلُّ فكرةً محوريةً وجوهرية في تأويليته.

تأثير هُسِّرل وهيدغِّر، الذي وجد في فلسفة غادامير المفاتيح الأساسية في بناء فلسفته التأويلية، كان واضحًا في مساره الفكري، حين درس على يديهما الفلسفة في فرايبُرغ، في وقت لم يكن يرى حوله سوى الحضور القوي للكانطية الجديدة والوضعية positivism في المجال العلمي. وقد أقامت ترجمتُه لأفلاطون الدليلَ القاطع على نفوره من "الموضة الجامعية" في عصره.

الفهم الذاتي الذي تمارسه العلوم الإنسانية، في مقابل النموذج العلمي البحت الذي تتمتَّع به العلوم الدقيقة والطبيعية، بقي المشكل الرئيسي الذي شغل غادامير، الوفي للمنحى الأونطولوجي الذي رسمه هيدغِّر، والمتمثل خصوصًا في مسألة اللغة، والتناهي الذاتي الذي تكشف عنه التجربة التاريخية وهيرمينوطيقا الفهم – فهم الذات على وجه الخصوص؛ وهو ما سمَّاه هيدغِّر "المنعطف الأونطولوجي الحاسم" في تجربة الفهم الذاتي. وهذا ينمُّ عن المشكل الذي طرحتْه العلوم الإنسانية، في أواخر القرن التاسع عشر وفي القرن العشرين، كما عالجها وقدَّمها، من وجهة نظر تاريخية وإپستمولوجية، فيلهِلم دلتاي.

لتوضيح معنى التأويل التاريخي، انطلق غادامير من الإخفاق الذي مُنِيَتْ به النزعةُ التاريخية، أو التاريخانية، كما هي الحال لدى دلتاي، منبِّهًا إلى الأبعاد الأونطولوجية الجديدة عند هُسِّرل وهيدغِّر:

لا يمكن للمعرفة التاريخية أن توصف بنموذج المعرفة الوضعانية، لأنها في حدِّ ذاتها عبارة عن تطوُّر يتمتع بخاصيات الحدث التاريخي كلِّها.

في تأخُّر هائل، محتشم، على ما يقول مترجم الكتاب محمد شوقي الزين في مقدمته، نكتشف هذا البحر التأويلي الكبير، الذي أثمر، ولا يزال، مؤلَّفاتٍ وأعلامًا في التأويل المعاصر، أمثال الإيطالي فاتيمو والأمريكي دورتي والفرنسي ريكور.

*** *** ***


"فلسفة التأويل"، الترجمة والتقديم محمد شوقي الزين، صدر لدى المركز الثقافي العربي والدار العربية للعلوم ومنشورات الاختلاف 2006

La liberté de penser, d'écrire et d’agir est universelle. A Robert Redeker, je dis : « Sapere Aude » !

 
A : Mohammed Ahmed El Banki (Bahreïn)
Mes remerciements infinis pour m’avoir intégré dans ton livre (image ci-dessus) sur Jacques Derrida, comme étant le penseur algérien qui cherche une alliance furtive entre la pensée de Derrida et la pensée arabe classique et moderne. Ton témoignage amical est à la fois émouvant et précieux. Mes vœux de prompt rétablissement et de bonne santé !
Mohammed C. Zine

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